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Avec quoi refroidir les réacteurs nucléaires à l’avenir ?

Dans le monde, le climat montre une tendance nette au réchauffement depuis 1850, avec une forte accélération depuis le milieu des années 1970.

Une étude (Ribes et al – 2016) montre effectivement une élévation de la température en France de 1,5 ± 0.5°C sur la période 1959–2009.

Cette augmentation s’est accompagnée d’une élévation de la température des eaux, mise en évidence dans plusieurs cas comme par exemple sur la Loire qui s’est réchauffée en moyenne de 1,2°C en 32 ans.

Au niveau mondial, depuis les années 1900, le niveau moyen de la mer s’est élevé de près de 20 cm. Cette élévation est liée à une augmentation des températures océaniques (plus une eau est chaude, plus elle se dilate et occupe de volume) et à la fonte des glaces et neiges.

De 1993 à 2019, le niveau moyen des océans a augmenté de 3.36 mm par an.

Comme on le voit dans le tableau ci-dessous, le refroidissement des centrales de production d’électricité constitue la plus grande partie des prélèvements d’eau, en particulier des eaux de surface. (source : http://www.donnees.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lesessentiels/essentiels/eau-prelevements.htm)

En accentuant le risque de sécheresses le changement climatique peut mener à une diminution temporaire mais drastique du niveau des eaux des lacs, étangs et mares ayant un impact sur les espèces. De plus, en cas de pénurie d’eau, le changement climatique provoque, par effet de moindre dilution, la concentration des pollutions modifiant l’équilibre biologique et chimique de l’eau pouvant aboutir à une mortalité importante sur différentes espèces (poissons, invertébrés benthiques, végétation aquatique, etc.).

Comment évolueront les débits fluviaux du fait du changement climatique ? Cette question a été étudiée par le bureau d’études BRL Ingénierie, les centres Irstea d’Antony et Lyon et Météo-France dans le cadre du projet Explore 2070. La réunion finale de ce projet piloté par le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, a eu lieu au sein de ce Ministère les 18 et 19 octobre 2012.

Les résultats du projet Explore 2070 montrent une baisse très probable des écoulements fluviaux, mais une baisse dont la valeur demeure incertaine. À l’échelle nationale, les modèles estiment une baisse possible des débits moyens interannuels située entre – 15 % et – 40 % à l’horizon 2046-2065 par rapport à la période de référence 1962-1991.
Mais plus grave encore, les auteurs de l’étude montrent que l’étude de l’indicateur QMNA5 témoigne d’une possible baisse drastique des débits minimaux.

Au moment ou l’opinion semble acquise au renouvellement et à un nouveau développement du parc nucléaire et alors que les nouveaux réacteurs nucléaires sont attendus au mieux à partir de 2030 mais plus probablement 2040, il pourrait être alors un peu tard pour évaluer les conséquences du manque d’eau pour refroidir les centrales… Il est déjà de plus en plus fréquent de devoir mettre des réacteurs nucléaire en arrêt quand l’eau fluviale monte au dessus de 28 °C (limite imposée par la législation à l’exploitant – EDF) ou quand le niveau d’eau est insuffisant.
Si l’exploitant (EDF) se défend en affirmant rendre à l’environnement l’eau qu’il puise pour refroidir ses centrales, une partie de cette eau est rendue polluée par des effluents chimiques et radiologiques – tritium en particulier, qui ajoutent leur part de dégradation à l’environnement.